Vendredi 4 septembre 2009 à 14:40

http://medieval-time.cowblog.fr/images/14751500StGatienpremierevequedeToursMisselalusagedelacathedraledeTours.jpg* Cet article vient compléter et clore les deux précédents articles sur la féodalité *

 
L'Eglise et le monde féodal (Xe-XIe siècle)



Solidement tenue en main par Charlemagne, l'Eglise retrouve son indépendance avec ses successeurs. Toutefois avec l'effondrement de l'autorité publique et l'insécurité générale, la tendance est à la recherche de puissants protecteurs. L'Eglise n'est pas épargnée et tombe sous la coupe des laïcs. Elle traverse aussi à cette époque une crise morale sans précédent. Néanmoins, cela ne l'empêche pas de développer son influence dans un monde désormais féodal.


I. L'église aux mains des laics

http://medieval-time.cowblog.fr/images/moines-copie-1.jpg• Dès sa fondation, le Saint Empire impose son autorité à la papauté. En 962, Otton Ier contrôle la désignation du pape et exige de lui un serment de fidélité. Ses successeurs reprennent cette politique et Otton III place sur le trône de saint Pierre son ancien précepteur Sylvestre II. Les choix impériaux ne sont pas forcément mauvais, mais ils soumettent la papauté à l'Empire (césaropapisme, souvenez vous). L'empereur Henri III, surnommé le "faiseur de papes" est ainsi amené à déposer trois papes rivaux avant de désigner Léon IX en 1048.

• La situation des évêques et des abbés n'est guère plus florissante. Dans l'Empire, les évêques excercent aussi des fonctions comtales, ce sont des comtes-évêques. Les souverains les nomment et les investissent par la crosse et l'anneau, symbole de leur dignité. L'investiture laïque est aussi une pratique courante en Angleterre. Avec la conquête normande, le roi réserve les collations de bénéfices majeurs, nommant essentiellement des prélats normands et soumettant l'Eglise à la couronne. En France, les premiers Capétiens vendent les sièges épiscopaux et abbatiaux à leurs fidèles pour asseoir leur influence et accroitre leurs revenus.

• A échelon inférieur, l'essor de la féodalité se fait aux dépens du clergé. Les seigneurs désignent les curés des églises dont ils sont patrons, leur imposent un serment de fidélité et récupèrent une partie des revenus de la paroisse. Les desservants sont plus recrutés pour leur soumission au seigneur que pour leur vertu religieuse.


II. Une crise morale


• L'intégration des religieux dans la société féodale et l'attribution aux évêques de fonctions politiques, judiciaires, voire militaires, dénaturent le caractère religieux des dignités ecclésiastiques. Le contrôle de l'Eglise par les laïcs et la confusion entre les fonctions spirituelles et temporelles sont à l'origine d'une crise morale du clergé tout entier.

• La plupart des charges ecclésiastiques sont vendues par les souverains ou les seigneurs. Leurs titulaires, qui ont payé pour accéder à leur fonction, doivent récupérer leur argent en vendant les ordres et les sacrements dépendant d'eux. Cette pratique, appelée simonie, se généralise dans l'Occident chrétien. Elle est pourtant dénoncée plusieurs fois par les papes, évêques et conciles (Mayence en 888, Pavie en 9997, Poitiers en 1000, Bourges en 1031...). La réitération des condamnations montre que celles-ci étaient sans grand effet.

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• L'Eglise connait un autre problème fondamental: le nicolaïsme. En effet, en Allemagne, en Italie et en France principalement, les prêtres vivent couramment avec une épouse ou une concubine, en dépit de l'interdiction du mariage et de l'obligation de continence imposées aux clercs ayant reçu les ordres majeurs. En conséquence, certains charges ecclésiastiques se transmettent parfois de père en fils, des évêques désignant leur fils comme successeur à leur mort. Toutes les sanctions, amendes et dépositions restent vaines. L'Eglise atteint un niveau d'abaissement général sans précédent.


III. L'influence de l'Eglise sur la société féodale


http://medieval-time.cowblog.fr/images/CharlemagneetlepapeAdrienIer.jpg• Malgré sa soumission aux laïcs, l'Eglise maintient tant bien que mal son idéal. Elle l'adapte à une société féodale qu'elle parvient alors à influencer. En punissant les parjures, l'Eglise s'impose comme garante des serments dans un monde fondé sur la foi jurée. Elle renforce le prestige des souverains par le sacre et leur fait promettre de défendre la justice, la paix et les plus faibles. Elle donne enfin un idéal religieux à la chevalerie.

• Face aux violences féodales (homicides, vengeances, pillages, guerres privées) l'Eglise lance les mouvements de paix. La paix de Dieu nait à la fin du Xe siècle (concile de Charroux près de Poitiers en 989) et se développe durant le siècle suivant. Elle engage les chevaliers et les seigneurs à respecter les religieux et les églises, les pauvres, les pèlerins, les marchands et les veuves. Les contrevenants sont excommuniés. L'Eglise pallie ainsi l'effondrement des pouvoirs royaux.

• La trêve de Dieu, initiée par la réforme clunisienne, exige l'arrêt des hostilités pendant les temps liturgiques les plus importants (Avent, Carême, fêtes religieuses). Né dans le sud de la France (concile d'Arles en 1041) le mouvement s'étend à l'Occident tout entier à partir de la fin du XIe siècle. La violence féodale est alors détournée par une Eglise reformée vers la croisade, puis limitée par la paix du roi, dont le pouvoir se réveille. (voir articles précédents pour plus de détails).




Melwine


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Mercredi 26 août 2009 à 19:32

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La naissance du Saint Empire


A la mort de Charles III le Gros en 888, la couronne impériale quitte la famille carolingienne et n'est plus transmise qu'à des princes secondaires. En 924, il n'y a plus d'empereur en Occident. L'idéal impérial n'est pas mort, mais aucun souverain n'a les moyens d'en relever la couronne. L'ascension de la dynastie saxonne en Germanie permet une nouvelle "restauratio imperii" et donne naissance au Saint Empire. Pâle copie de son modèle carolingien en apparence (je précise bien), il en reprend tout de même le programme.


I. Vers un nouvel empire

• Dans les royaumes issus de la décomposition de l'Empire, on revient à l'élection des souverains par les grands, qui n'hésitent pas à désigner d'autres princes que les Carolingiens: l'usurpateur Boson en Provence, le bâtard Arnulf en Germanie, le Robertien Eudes en Francie Occidentale. Aucun de ces rois ne s'impose véritablement et durablement face aux grands. A la tête de principautés territoriales, comtes et ducs exercent à leur profit les pouvoirs régaliens et accélèrent le morcellement politique de l'Occident.

• En 918 le duc de Saxe Henri l'Oiseleur est élu roi de Germanie et consolide son trône en battant les envahisseurs slaves et hongrois. Son fils, Otton Ier, lui succède en 936. Il restaure l'autorité royale en écrasant les révoltes des grands et par la mise en place de membres de sa famille à la tête des duchés. Il s'appuie essentiellement sur les évêques, a qui il délègue son autorité et qu'il investit. Poursuivant l'oeuvre de Charlemagne, il défait, lui aussi les Slaves et les Hongrois dans la bataille du Lechfeld en 955.

• Otton "le Grand" s'impose aux rois de Bourgogne et de Bohème, et s'empare du royaume d'Italie, dont il épouse la reine. En 961, le pape Jean XII l'appelle pour mater les seigneurs romains révoltés contre lui. Le 2 février, Otton est couronné empereur à Rome: l'Empire est restauré en Occident.


http://medieval-time.cowblog.fr/images/T073079A.jpgHenri Ier L'Oiseleur


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Otton Ier et le pape Jean XII



II. L'échec de la monarchie universelle

• Après avoir été couronné, notre cher Otton Ier entend bien imposer son autorité à la papauté et renoue avec césaropapisme (prétention des empereurs à étendre leur autorité temporelle au domaine spirituel, donc au pape) de Charlemagne. En 962 il soumet l'élection pontificale au contrôle impérial et exige du pape un serment de fidélité. Il étend son influence jusqu'à l'Italie du Sud et obtient même la consécration de l'Empire Byzantin: en 972, son fils se marie avec la princesse porphyrogénète (épithète attribués aux enfants d'un empereur byzantin  nés durant son règne dans la Porphyra : chambre décorée de marbre rouge où les impératrices accouchaient) Théophano. A sa mort en 973, l'empereur Otton Ier est le plus puissant souverain d'Occident.

• Ses successeurs ont du mal à maintenir son oeuvre: le règne de son fils Otton II (973-983) est plutôt terne. Après la longue régence de Théophano, Otton III (996-1002) entreprend de constituer un empire universel, fédération des royaumes sous son autorité. Il installe sa capitale à Rome, s'appuyant sur Gerbert d'Aurillac, qui devient pape en 999 sous le nom de Sylvestre II. La référence à Sylvestre Ier, pape sous Constantin premier empereur romain chrétien, est claire. Mais cependant le rêve ne dure pas, les troubles reprennent à Rome, l'empereur meurt à 22 ans en 1002, et Sylvestre II un an plus tard.

• Malgré cet échec, l'édifice ottonien n'est pas mort. Bien que plus tardive, l'appellation de Saint Empire romain (Sacrum Imperium Romanum) résume l'ambition des souverains. L'Empire romain reste le modèle de construction étatique à caractère universel. Hériter de Constantin et de Charlemagne, l'empereur est au dessus des simples rois. Saint ou plutôt sacré, l'Empire doit protéger la Chrétienté avec laquelle il aspire à se confondre. Dans cette perspective, le pape est relégué à un rôle spirituel par l'empereur.

http://medieval-time.cowblog.fr/images/Otton2-copie-1.jpgOtton II
Nous pouvons constater que la représentation de l'empereur est typique des représentations byzantines (donc influence tant culturelle qu'artistique)


http://medieval-time.cowblog.fr/images/OttonIIIEvangile-copie-1.jpgOtton III


III Forces et faiblesses du Saint Empire


• Le titre impérial est le plus prestigieux et n'est porté par aucun autre monarque en Europe. Aux X et XIe siècles, il confère une primauté à celui qui ceint la couronne impériale, la seule qui soit alors fermée, signe de pouvoir absolu. L'Eglise germanique est son principal soutien. A la tête de principautés bénéficiant de droits d'immunités, les évêques sont nommés et révoqués par l'empereur, et disposent de pouvoirs comtaux.

• Se voulant souverain universel, l'empereur n'a pourtant que peu d'autorité hors de l'Empire, à l'exception de la Francie Occidentale au Xe siècle. La succession difficile d'Otton III et l'évènement de la dynastie des Saliens de Franconie en 1024 recentrent le coeur de l'Empire dans les terres germaniques. En fait, l'autorité impériale s'étend essentiellement sur les royaumes de Germanie et d'Italie. Si le Salien Conrad II y ajoute le royaume de Bourgogne (ou Arles) en 1032, l'ensemble est loin d'égaler l'Empire de Charlemagne.

• Dans l'Empire même, l'empereur n'a que des moyens d'action limités. La faible durée des dynasties ne permet pas d'imposer le principe héréditaire. Les futurs souverains sont élus rois des Romains par un collège de princes, avant d'être sacrés empereurs par le pape à Rome. Afin d'obtenir l'appui de la haute noblesse, ils lui concèdent des droits régaliens. Ainsi, les princes d'Empire (Fürsten) contribuent à l'affaissement de l'autorité impériale. Enfin, le prestigieux sacre de Rome peut soumettre la couronne impériale à une papauté émancipée de la tutelle impériale.



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Melwine



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Mardi 18 août 2009 à 19:50

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Monarchie et Féodalité au XIe - XIIIe siècle

(Cet article vient compléter celui sur la féodalité)


L'organisation féodale des pouvoirs à conduit à un affaiblissement de la puissance centrale en Occident. Les monarques ne disposent plus guère que d'une autorité théorique et sont ravalés au rang de seigneurs, contestés par leurs vassaux, grands feudataires, mais aussi parfois simples sires. Pourtant, ils vont réussir une lente et progressive reconquête de leur autorité (sauf dans l'Empire) en se faisant reconnaitre à la tête de la féodalité et en s'appuyant sur le droit romain, et ainsi fonder leur souveraineté.


I. Le royaume féodal

http://medieval-time.cowblog.fr/images/chateau-copie-1.jpgLe Regnum

• Le regnum est un territoire dont est maitre le roi ou l'empereur, où s'exerce en théorie son ban. Pourtant, avec le développement de la féodalité, le pouvoir du roi sur les hommes n'est plus immédiat; des intermédiaires font écran entre le monarque et ses sujets (comme nous avons pu le voir).
• Les terres allodiales ou alleux, ne dépendent d'aucun seigneur, sont possédées en pleine propriété et ne sont soumises qu'à l'autorité parfois très lointaine du roi. Les immunités et les donations en franche-aumône (terres concédées à un établissement religieux contre des prières) sont à l'origine des principautés ecclésiastiques affranchie du pouvoir royal. La mouvance de la couronne est l'ensemble des fiefs dominés par des seigneurs, des vassaux plus ou moins proches du roi, sur lesquels il n'a qu'une supériorité virtuelle.
• Dans l'essentiel du regnum, l'autorité du roi n'est ainsi plus reconnue que de manière très théorique.

Le domaine royal
• Il est l'ensemble des terres dont le roi est le seigneur immédiat, c'est à dire direct. Héritage des domaines publics carolingiens et patrimoniaux des dynasties, le domaine n'est que rarement d'un seul tenant. S'y ajoute également une série de droits et de taxes régaliens (justice, monnayage, marchés...) disséminés dans le regnum. Le domaine rassemble ainsi la propriété prive et les revenus publics du roi.
• Le monarque y exerce une autorité identique à celle des autres seigneurs. "Terra Regis" ou Forêt en Angleterre, terres de Raelengo dans la péninsule ibérique, le domaine est le fruit de la conquête et est dispersé dans le regnum de sorte qu'il ne constitue pas de grands fiefs d'un seul tenant. En France, le domaine capétien est centré sur la région parisienne, il est progressivement rassemblé, pacifié et unifié. Dans l'Empire éléctif, il n'y a pas de domaine impérial et les empereurs germaniques ne peuvent s'appuyer que sur leurs domaines patrimoniaux (Souabe et Franconie pour les Hohenstaufen).


Vers un accroissement du domaine?
• Maitres de leur domaine, les rois cherchent à l'agrandir. En France, de 1180 à 1123 Philippe II triple sa superficie, multiplie les enclaves royales sur les grands fiefs et accroit son influence en tentant de s'appuyer sur ses arrières-vassaux (ou vavasseurs) contre ses vassaux immédiats. En Angleterre, Edouard Ier (1272-1307) agrandit domaine et regnum par la conquête du Pays de Galles en 1282. De même, la Reconquista repousse les frontières des royaumes ibériques et accroit les domaines royaux. En revanche, largement indépendante de la politique impériale, la colonisation germanique en terres slaves, ne profite pas aux empereurs, qui doivent en outre réinfédoer tout fief vacant.
• Pourtant, les domaines peuvent aussi être amputés; legs pieux, apanages (terres détachés du domaine royal et donnés à un fils puiné du roi; pratique qui nait au XIIe siècle) en France, donations aux puinés et récompenses pour ceux qui ont participés à la Reconquista en péninsule ibérique, cession de terres et de droits dans l'Empire par des empereurs cherchant l'appui des princes, notamment ecclésiastiques...

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Philippe II


http://medieval-time.cowblog.fr/images/EdwardIofEngland.jpgEdouard Ier d'Angleterre



II. La royauté féodale

La place du roi dans la féodalité

• Les structures féodales définissent le roi comme suzerain (désigne le seigneur du seigneur du vassal) suprême: c'est de lui que les grands feudataires sont censés tenir leurs fiefs, contre un engagement contractuel de foi et d'hommage, comme nous l'avons vu précédemment. Il est ainsi placé à la tête de la pyramide féodale.
• La puissance du roi n'en est pas moins limitée; les grands feudataires peuvent être plus puissant que lui (notamment en France avec les premiers Capétiens), les sires du domaine royal constestent longtemps son autorité et ses prérogatives s'arrêtent souvent à ses vassaux immédiats. De fait, le roi ne contrôle donc pas toujours ses vavasseurs et pas du tout les hommes libres, qui ne sont pas engagés par des liens vassaliques, comme les tenanciers d'un seigneur banal.
• A partir du XIIe siècle, les légistes au service des monarques travaillent à définir, préciser et fonder les pouvoirs du roi, en s'appuyant sur le droit féodal.

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Le renforcement de la suzerainté royale

• En Occident, l'Angleterre fait figure d'exception car, dès le XIe siècle, la conquête normande permet à Guillaume Ier d'exiger de ses vavasseurs l'hommage-lige, qui fait de lui le seigneur principal, celui à qui on réserve en premier ses services. Le roi contrôle ainsi ses arrières-vassaux.
• En France, ce n'est que très progressivement que le roi parvient à leur imposer autorité: tout hommage au roi est lige, tout engagement vassalique comporte une clause de réserve ("Sauf la dignité le roi contre qui hommage ne vaut rien." Livre de jostice et de plet 1,16. Vers 1260) le roi ne peut prêter hommage à quiconque ("Li rois ne doit tenir de nuil" Livre de jostice et de plet 1,16.) mais peut recevoir des hommages de rois étrangers pour des terres françaises.
• Dans le monde germanique, le caractère électif et les prétentions universalistes de la monarchie impériale affaiblissent l'empereur, qui ne peut généraliser la ligesse à son égard, et renforcent la puissance des princes d'Empire, qui font écran entre le monarque et les féodaux plus modestes.



L'utilisation politique de la suzerainté

• Le renforcement de la suzeraineté accroit la puissance royale. Les vassaux sont redevables du "servitium debitum" ("service dû") comportant notamment de nombreuses obligations militaires. Le ban de l'ost fournit au roi un énorme potentiel de combattants, dont il peut disposer gratuitement pendant 40 jours par an. Les défaillances sont sanctionnées par des amendes et ceux qui ne peuvent se déplacer paient une taxe (l'écuage). Cet argent sert à rémunérer les mercenaires.
• En outre, le suzerain royal possède plusieurs moyens d'action sur les vassaux: il peut surveiller la dévolution des fiefs, excercer la tutelle des héritiers mineurs (voir article précédent), contrôler le mariage des héritières (voir également), disposer d'un droit de préemption pour le rachat d'un fief (sauf dans l'Empire), limiter l'érection des châteaux qui doivent être "jurables et rendables" (doivent faire retour au roi s'il le decide), imposer ses arbitrages en cas de conflit, voire confisquer des fiefs aux vassaux félons.


III. L'affirmation de la souverainté royale


Un roi souverain
• Seigneurs de leur domaine, les monarques cherchent à étendre leur autorité à l'ensemble du regnum. Dès le XIe siècle, les rois d'Angleterre exigent par droit de conquête un sermet de fidélité de tous leurs sujets libres. Ils s'attachent ainsi de tout ceux qui échappent à leur suzeraineté féodale.
• A partir du XIIe sicècle, sous l'influence du droit romain, qui connait un renouveau dans tout l'Occident, les légistes attribuent aux rois l'imperium antique, c'est à dire la souveraineté s'étendant à tous les habitants du regnum. Nul ne peut s'y soustraire, quelle que soit sa condition: "Chastelains, vavassor, citaen, et vilains sont soumis à cels que nous avons devant nomez et tuit sont soz la main au roi" (Livre de jostice et de plet 1,16). Cette évolution, remarquable dans la plupart des monarchies est étrangère à l'Empire.
Parallèlement, nulle autorité, celle de l'empereur ou celle du pape, ne peut être supérieure à celle du roi, qui est le seul souverain en son regnum.

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Les prérogatives du souverain
• Souverain, le roi peut récupérer progressivement les droits régaliens qui ont été usurpés par les princes puis les sires.
• Il dispose de la puissance législative: en France, les ordonnances capétiennes ont force de loi hors du domaine royal, d'abord avec le consentement des feudataires, puis en vertu du commun profit. Le souverain est également justicier, arbitre des conflits et pacificateur. Il prétend avoir à juger tout les appels, réserve certaines infractions, dont la liste s'allonge, à la seule compétence de ses juges (cas royaux), court-circuitant les justices seigneuriales, impose sa paix (paix du roi) inspirée de la paix de Dieu, sans pouvoir interdire les guerres privées malgré ses efforts. Parallèlement, se diffuse l'idée que la guerre du roi est la seule guerre juste, celle qui est menée pour la défense de l'Eglise, du regnum et de l'intérêt général. La souveraineté économique lui confère le contrôle et l'entretien des routes, la protection des marchés et des foires, lui permet de diffuser la monnaie royale dans tout le regnum, en concurrence des monnaies féodales...

La légitimité du roi
• La légitimité de la puissance souveraine du roi vient d'abord de la "virtus" (vertu) de son sang qui lui transmet des qualités guerrières. En Castille, elle se nourrit de la tradition andalouse de la bakara (bénédiction), qui apporte la victoire au souverain. En France, les Capétiens rattachent leur dynastie aux Carolingiens. La canonisation de Louis IX en 1297 donne à la dynastie le prestige de la sainteté.
• Ainsi, bien que la France seule échappe aux querelles dynastiques, le principe héréditaire s'impose dans les monarchies occidentales, et, à l'exception de l'Empire, se substitue à l'élection ou l'acclamation du souverains par les grands du royaume, qui disparaissent ou ne sont plus que symboliques.
• Enfin, l'onction du sacre confère au roi un pouvoir tout particulier, quasi religieux. C'est un monopole royal et aucun prince féodal n'ose se faire sacrer. Le roi devient intouchable et est doté, en France, de vertus thaumaturgiques (il guérit les écrouelles.)

http://medieval-time.cowblog.fr/images/424pxLouisIXouSaintLouis.jpgLouis IX dit Saint Louis





Melwine



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Lundi 17 août 2009 à 17:48

 
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La féodalité


La féodalité est l'ensemble des relations réciproques dont le principe est la remise du fief entre un seigneur et un vassal. Née du morcellement des pouvoirs publics, elle a souvent de nos jours une connotation péjorative, par son assimilation à un transfert de l'autorité au profit d'intérêt privés. Si le terme "féodalité" apparait au XVIIe siècle, il revêt une réalité propre à l'Occident médiéval, dont il constitue un élément fondamental.



I. Les origines de la féodalité


La désagrégation des pouvoirs centraux
• A partir du IXe siècle, les guerres fratricides et l'incapacité à protéger les populations des envahisseurs accèlèrent l'affaiblissement du pouvoir carolingien. Les principaux vassaux des souverains, ducs et marquis, assurent alors plus efficacement la défense des territoires donc ils ont la charge. Ils imposent au roi la transmission héréditaire des "honores" attachés à leur fonction et des bénéfices reçus à leur entrée en vassalité. Accaparant le pouvoir de ban, de véritables dynasties se constituent à la tête de principautés de plus en plus autonomes.
• Le pouvoir de ces princes s'impose par l'intermédiaire de leurs propres vassaux, à qui ils confient leurs prérogatives fiscales et judiciaires, mais aussi la garde des premiers châteaux érigés à la fin du Xe siècle. Dominant terres et populations, les comtes et châtelains usurpent à leur tour la puissance publique qui leur a été confiée. Le ban appartient alors à une mosaique de pouvoirs locaux, indépendants les uns des autres, dont le centre est le château.

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Un contexte favorable
• Ce morcellement de l'autorité publique correspond à un monde rural où la puissance vient de la possession foncière. La faiblesse de la circulation monétaire impose la rétribution des vassaux par la concession de terres. Le puissant, roi ou prince, doit donc se dépouiller de son patrimoine, et ainsi s'affaiblir, pour maintenir ses chatelains dans une dépendance de plus en plus théorique.
• En outre, la lenteur et la difficulté des communications favorise le pouvoir local, face à celui du roi ou même du prince. L'évolution militaire met en avant les cavaliers, ceux qui peuvent posséder et entretenir un cheval. Seule l'aristocratie foncière en a les moyens. C'est donc elle qui bénéficie de la décomposition du pouvoir central, occupe les fonctions de commandement et accapare les reliquats du ban. La seigneurerie est donc souvent le cadre de la féodalité, sans que les deux réalités soient confondues.

De la vassalité à la féodalité

• La vassalité du Haut Moyen Age implique un lien personnel entre les deux contractants. La recommandation (cérémonie durant laquelle un homme libre se place sous la protection d'un puissant) crée une véritable parentée entre le seigneur et le vassal. Certes, celui ci recoit un bénéfice, mais ce n'est que la conséquence du contrat. A partir du XIe siècle, le terme "fief" remplace le "bénéfice". Il devient la condition de la vassalité et suppose que le lien "réel" crée par le fief, passe avant le lien personnel, fondement de la vassalité. On devient vassal pour acquérir un fief alors qu'auparavant on obtenait un bénéfice parce qu'on était vassal. On passe de la vassalité à la féodalité, dans laquelle le fief est primordial.
• Cette évolution est lente et parfois hésitante. La féodalité se met en place à partir du début du XIe siècle, et se généralise avec l'émergence du pouvoir des châtelains. C'est le premier âge féodal. Au XIIe siècle, les pratiques sont fixées, elles atteignent leur apogée durant le second âge féodal, alors que les monarchies refont surface.

http://medieval-time.cowblog.fr/images/040507.jpgII.Les relation féodo-vassaliques

L'hommage
• A partir du XIe siècle, l'hommage (hominium ou hommagium) remplace la recommandation. Il comprend plusieurs phases:

* La dédition de soi: nu-tête, sans arme et à genou, le futur vassal place ses mains dans celle du seigneur en signe d'abandon.
* Le serment de fidélité: le vassal engage sa foi sur des reliques ou des livres saints. En France ou en Angleterre, un baiser de paix sur les lèvres manifeste l'amitié entre les deux hommes.
*La cérémonie peut être suivie par l'investiture du fief, faisant du vassal un feudataire (détenteur de fief).

Rarement écrit, sauf pour les personnages importants, l'hommage se fait en présence de témoins et lie le vassal et son seigneur à vie.
• Par héritage et par ambition, des vassaux arrivent à détenir des fiefs de différents seigneurs et donc à prêter plusieurs hommages. La foi du vassal est ainsi dévaluée. Le principe de la réserve de fidélité prévoit de favoriser le premier seigneur, cependant le vassal à tendance à privilégier le plus offrant. L'hommage lige définit alors un seigneur prioritaire, à qui le vassal promet une foi totale. Mais dès le XIIe siècle, des ligesses multiples rendent le système caduc.

Les obligations réciproques

• Le vassal doit l'aide (auxilium) au seigneur. Elle est d'abord militaire:

*service d'ost : en France il est progressivement limité à 40 jours. Il peut s'agir de la défense d'un territoire ou d'une expédition punitive ou de pillage, la chevauchée.
*service d'escorte 
*service d'estage : Il s'agit de tenir garnison dans le château du seigneur.

Sa durée dépend de la nature de l'hommage. L'aide est aussi judiciaire, le vassal doit assister son seigneur. Elle est enfin matérielle, les biens du vassal pouvant être mis à la disposition du seigneur. En France et en Angleterre, elle est limitée à trois ou quatre cas:

- rançon du seigneur fait prisonnier
- adoubement de son fils ainé
- mariage de sa fille ainée
- à partir du XIIe siècle, le départ pour la croisade

Le conseil est la seconde obligation principale du vassal. Il s'agit de donner son avis au seigneur lorsqu'il le demande et notamment d'être au près de lui pour rendre la justice.

• Le seigneur s'engage à protéger son vassal, à lui rendre bonne justice et à l'aider militairement contre ses ennemis. Ses devoirs sont moins astreignants parce que l'hommage le met en situation de supériorité, mais aussi en raison du fief qu'il concède pour entretenir son vassal.
• Toutefois, les liens féodo-vassaliques ne parviennent pas à établir une véritable hiérarchie entre les seigneurs. Progressivement, le vassal n'acquitte plus ses obligations que si son seigneur peut les lui imposer, c'est à dire s'il est bien plus puissant que lui.

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Le fief

• L'inféodation (concession du fief) a lieu lors de l'investiture. Le seigneur remet à son vassal un objet symbolisant le fief (motte de terre, étendard, anneau...). La monstrée des terres ou "ostensio" est faite en présence de témoins et accompagne l'aveu, par lequel le vassal énumère les obligations féodales.
• Certains vassaux ne sont pas fieffés, mais entretenus par le seigneur dans sa maison: cela devient très rare à partir du XIe siècle. Très souvent, le fief est un bien foncier, mais il peut aussi être d'une autre nature: revenus d'une église, dîmes, redevances (péages, tonlieux...), ou les tardifs fiefs-rentes (ou fiefs de bourse) mieux adaptés à l'économie monétaire.
• Malgré leur force, les liens féodaux peuvent être rompus. Lorsqu'un vassal est félon, le seigneur peut lui confisquer temporairement ou définitivement son fief: c'est la commise. Si le seigneur manque à ses obligations, le vassal à recours au défi (de "diffidatio": rupture de la foi). Il doit rendre son fief au seigneur ou lui faire la guerre. Dans les deux cas, la victoire appartient au plus fort.



III. Le développement de la féodalité


La patrimonialité des fiefs
• En théorie, le seigneur conserve la propriété éminente du fief et le vassal n'en que l'usufruit. En fait, les feudataires imposent une transmission héréditaire des fiefs et prennent l'habitude de les considérer comme un élément de leur patrimoine.
• La règle de la primogéniture masculine est la plus fréquente sans être obligatoire. A l'occasion des successions, le seigneur garde quelques prérogatives. Le feudataire doit lui acquitter un droit de relief et lui prêter un hommage. Si l'héritier est mineur, le seigneur exerce la tutelle, nomme un baillistre pour gérer le fief ou le reprend (droit de garde) jusqu'à la majorité du feudataire. Lorsqu'il s'agit d'une femme, le seigneur doit lui choisir un mari. Si le fief échoit à l'Eglise, celle ci doit payer un droit d'amortissement ou de franc fief. Sans sucession, le fief est récupéré par le seigneur.
• Les feudataires prennent aussi l'habitude de gager (lors d'un départ en croisade par exemple), de sous-inféoder ou de vendre le fief. Le seigneur perçoit alors des droits de mutation (lods et vente, quint et requint) ou fait valoir un droit de préemption (retrait féodal).

L'expansion de la féodalité
• L'Occident médiéval ne connait pas le système féodal partout, et ni en même temps. La France du Nord est remarquable par sa féodalisation plus précoce et plus poussée qu'ailleurs. Elle reste un cas particulier. En revanche, la puissance des villes en limite l'essor en Italie du Nord. Dans le reste de l'Empire, la féodalité se développe principalement au XIIe siècle. L'investiture obligatoire des fiefs tombés en déshérence renforce le mouvement et affaiblit les monarques faces aux princes.
• La féodalité s'exporte avec l'expansion de l'Occident. Les Normands l'imposent en Angleterre, où elle sert la monarchie, et en Italie du Sud. La Reconquista l'implante en péninsule ibérique et les croisades dans les états latins d'Orient.

L'influence de la féodalité

• La féodalité marque la civilisation occidentale. Elle donne à l'aristocratie une morale, fondée sur la loyauté et le respect de la foi jurée. Le service de la dame, assimilé à celui du seigneur, donne naissance à l'amour courtois. L'Eglise n'échappe pas à cette influence: le puissant ordre de Cluny reproduit l'organisation du monde féodal auquel il est particulièrement adapté.
• En l'absence de pouvoir supérieur fort, les solidarités vassaliques génèrent troubles, vengeances et guerres privées. La féodalité est souvent associée à la violence que l'Eglise tente de limiter par les mouvements de paix et canaliser contre les infidèles par la croisade et la Reconquista. Plus que d'anarchie, il s'agit d'un ordre différent, reposant sur la puissance locale, l'autorité centrale s'étant évanouie.


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[A venir, un article traitant de Monarchie et Féodalité, qui complétera ce premier article
]



Melwine




Publié par medieval-time

Vendredi 15 mai 2009 à 15:41

 
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Salve, Regina, Mater misericordiae,
vita, dulcedo, et spes nostra, salve!
Ad te clamamus, exsules filii Hevae,
ad te suspiramus, gementes et flentes
in hac lacrimarum valle.
Eia, ergo, advocata nostra, illos tuos
misericordes oculos ad nos converte;
et Iesum, benedictum fructum ventris tui,
nobis post hoc exilium ostende.
O clemens, O pia, O dulcis Virgo Maria.



Nous allons entamé, une chose très importante, même vitale du moyen âge. La religion et donc la Papauté. Cet article comble le dossier sur les cathares ainsi que les lombards qui viendront par la suite.

 
La Papauté


« Tu es pétrus et super hanc petram aedificabo ecclesiam meam et tibi dabo claves regni coelorum. Tu es pierre et sur cette pierre je construirai mon Église, et je te donnerai les clefs du royaume des Cieux. »

http://medieval-time.cowblog.fr/images/pt23983.jpgI] La tombe de Pierre


Saint Pierre fit entendre à Rome la plus grande part de sa prédication et fonda dans cette ville une des plus florissantes «  églises » ( assemblées) de chrétiens. C’est , selon la tradition, sur la colline du Vatican qu’il mourut, martyr des premières persécutions ordonnées par l’empereur Néron. Sur cette colline sinuait alors une route, la via Cornelia, le long de laquelle beaucoup de familles romaines avaient érigé les tombes de leurs défunts. Saint Pierre y eut lui aussi sa sépulture où les premiers chrétiens se rendaient clandestinement pour prier. Plus tard, sur la demande du pape Sylvestre I er, l’empereur Constantin, qui par l’édit de Milan avait autorisé la religion chrétienne, y fit édifier une grande basilique en 319. Rome, qui avait le privilège de posséder les reliques de saint Pierre et de nombreux martyrs, devint très vite la ville sainte de tout le monde chrétien. Un autre motif contribua à en faire le centre de la nouvelle religion: elle était la capitale d’un très vaste empire. Des visiteurs et des soldats du monde entier s’y rencontraient: si ils étaient chrétiens, ils ne manquaient pas , en arrivant , de se présenter à leurs frères de l’Église romaine pour leur donner des nouvelles des chrétiens et de la communauté dont ils faisaient partie, et recevoir aide et hospitalité. L’Église de Rome finit par devenir un lien entre les communautés répandues dans l’empire . Celui qu occupait la chaire d’évêque de Rome était considéré comme le chef de l’Église naissante, l’héritier de l’apôtre saint Pierre. Lin Anaclet, Clément, Évariste, Alexandre, qui figurent les premiers papes, étaient en fait les premiers évêques de Rome. Presque tous moururent martyrs des persécutions romaines.


II] Les États de l’Église

Dans l’histoire de l’Europe au moyen âge à nos jours, ces termes reviennent sans cesse: «  les États de l’Église » . En fait, ils datent de la fin du VIII eme siècle. Le Pape qui est alors en désaccord avec l’empereur germanique, invoque la fameuse  « donation de Constantin » qui laissait croire à une donation de l’Italie au pape Sylvestre Ier et à ses successeurs. Évêque de Rome, le pape avait d’abord établi son autorité sur cette ville, puis sur les terres autour de la ville, soit que les terres lui aient été léguées, soit  qu’il les ais acquises, soit que les populations se soient mise sous sa protection. Il était donc nu souverain temporel comme les autres souverains de l’époque et, comme ce pouvoir territorial était doublé d’un pouvoir spirituel, le pape était redouté, surtout par l’empereur germanique, qui était avec lui le personnage le plus important de l’époque. Ainsi, l’étendue et la situation des États de L’Église dépendaient elles des démêlés entre ces souverains. A partir de Charlemagne, vers 800, l’empereur entend même intervenir dans l’élection du  Pape . Mais de son côté celui ci couronne l’empereur . Les relations grâce à Charlemagne s’assagirent et la Germanie fut donc le premier grand ami de la France. Au cours des siècles, les papes essaient de résister, plus ou moins bien. Ils défendent leur territoire comme n’importe quel autre souverain de la France et la Germanie. Des périodes d’anarchie succèdent aux périodes de paix. Ainsi en est-il, au XIV eme siècle  quand le Pape se voit contraint d’abandonner Rome et de fixer son siège à Avignon terre d’Église.

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III] Avignon cité Papale


Pendant 2000 ans d’histoire, les papes ne quittèrent-ils jamais la ville de Rome?
Ne parlons pas des absences de courte durée; elles furent beaucoup plus fréquentes qu’on ne le croit actuellement. Il faut en effet   garder présent à l’esprit qu’aux siècles passés les papes quittaient souvent Rome, soit à cause des vicissitudes politiques, soit pour participer à des réunions, des conciles, soit encore pour couronner empereurs et monarques. Mais exception faite des ces déplacements, seul demeure historiquement important long séjour des papes à Avignon. La querelle s’était engagée entre le pape Boniface VIII et le roi de France Philippe le Bel ( voir le dossier des rois des France au début du blog) . Ce dernier demandait au clergé de contribuer aux dépenses du royaume. Le Pape protesta en rappelant que les clercs étaient exempts d’impôts. Un peu plus tard, le roi décida qu’il ne se reconnaissait aucun liens de subordinations vis à vis du Pape et le somma de démissionner.  Ce fut la rupture et l’installation à Avignon en 1309. C’était là pour les Papes, souvent d’origine française, subit le sort de prisonniers, et non plus de souverains Cette époque  fut appelée pour cette raison «  la nouvelle captivité de Babylone », en souvenir de la triste condition où furent réduits les Hébreux, vaincus par les rois de Babylone. Ils ne retournèrent à Rome que le 17 janvier 1377; le Pape était alors Grégoire XI. Ce fut, pour la papauté, le retour à l’indépendance.

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Magnus

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