* Cet article vient compléter et clore les deux précédents articles sur la féodalité *L'Eglise et le monde féodal (Xe-XIe siècle)
Solidement tenue en main par Charlemagne, l'Eglise retrouve son indépendance avec ses successeurs. Toutefois avec l'effondrement de l'autorité publique et l'insécurité générale, la tendance est à la recherche de puissants protecteurs. L'Eglise n'est pas épargnée et tombe sous la coupe des laïcs. Elle traverse aussi à cette époque une crise morale sans précédent. Néanmoins, cela ne l'empêche pas de développer son influence dans un monde désormais féodal.
I. L'église aux mains des laics
• Dès sa fondation, le Saint Empire impose son autorité à la papauté. En 962, Otton Ier contrôle la désignation du pape et exige de lui un serment de fidélité. Ses successeurs reprennent cette politique et Otton III place sur le trône de saint Pierre son ancien précepteur Sylvestre II. Les choix impériaux ne sont pas forcément mauvais, mais ils soumettent la papauté à l'Empire (césaropapisme, souvenez vous). L'empereur Henri III, surnommé le "faiseur de papes" est ainsi amené à déposer trois papes rivaux avant de désigner Léon IX en 1048.
• La situation des évêques et des abbés n'est guère plus florissante. Dans l'Empire, les évêques excercent aussi des fonctions comtales, ce sont des comtes-évêques. Les souverains les nomment et les investissent par la crosse et l'anneau, symbole de leur dignité. L'investiture laïque est aussi une pratique courante en Angleterre. Avec la conquête normande, le roi réserve les collations de bénéfices majeurs, nommant essentiellement des prélats normands et soumettant l'Eglise à la couronne. En France, les premiers Capétiens vendent les sièges épiscopaux et abbatiaux à leurs fidèles pour asseoir leur influence et accroitre leurs revenus.
• A échelon inférieur, l'essor de la féodalité se fait aux dépens du clergé. Les seigneurs désignent les curés des églises dont ils sont patrons, leur imposent un serment de fidélité et récupèrent une partie des revenus de la paroisse. Les desservants sont plus recrutés pour leur soumission au seigneur que pour leur vertu religieuse.
II. Une crise morale
• L'intégration des religieux dans la société féodale et l'attribution aux évêques de fonctions politiques, judiciaires, voire militaires, dénaturent le caractère religieux des dignités ecclésiastiques. Le contrôle de l'Eglise par les laïcs et la confusion entre les fonctions spirituelles et temporelles sont à l'origine d'une crise morale du clergé tout entier.
• La plupart des charges ecclésiastiques sont vendues par les souverains ou les seigneurs. Leurs titulaires, qui ont payé pour accéder à leur fonction, doivent récupérer leur argent en vendant les ordres et les sacrements dépendant d'eux. Cette pratique, appelée simonie, se généralise dans l'Occident chrétien. Elle est pourtant dénoncée plusieurs fois par les papes, évêques et conciles (Mayence en 888, Pavie en 9997, Poitiers en 1000, Bourges en 1031...). La réitération des condamnations montre que celles-ci étaient sans grand effet.

• L'Eglise connait un autre problème fondamental: le nicolaïsme. En effet, en Allemagne, en Italie et en France principalement, les prêtres vivent couramment avec une épouse ou une concubine, en dépit de l'interdiction du mariage et de l'obligation de continence imposées aux clercs ayant reçu les ordres majeurs. En conséquence, certains charges ecclésiastiques se transmettent parfois de père en fils, des évêques désignant leur fils comme successeur à leur mort. Toutes les sanctions, amendes et dépositions restent vaines. L'Eglise atteint un niveau d'abaissement général sans précédent.
III. L'influence de l'Eglise sur la société féodale
• Malgré sa soumission aux laïcs, l'Eglise maintient tant bien que mal son idéal. Elle l'adapte à une société féodale qu'elle parvient alors à influencer. En punissant les parjures, l'Eglise s'impose comme garante des serments dans un monde fondé sur la foi jurée. Elle renforce le prestige des souverains par le sacre et leur fait promettre de défendre la justice, la paix et les plus faibles. Elle donne enfin un idéal religieux à la chevalerie.
• Face aux violences féodales (homicides, vengeances, pillages, guerres privées) l'Eglise lance les mouvements de paix. La paix de Dieu nait à la fin du Xe siècle (concile de Charroux près de Poitiers en 989) et se développe durant le siècle suivant. Elle engage les chevaliers et les seigneurs à respecter les religieux et les églises, les pauvres, les pèlerins, les marchands et les veuves. Les contrevenants sont excommuniés. L'Eglise pallie ainsi l'effondrement des pouvoirs royaux.
• La trêve de Dieu, initiée par la réforme clunisienne, exige l'arrêt des hostilités pendant les temps liturgiques les plus importants (Avent, Carême, fêtes religieuses). Né dans le sud de la France (concile d'Arles en 1041) le mouvement s'étend à l'Occident tout entier à partir de la fin du XIe siècle. La violence féodale est alors détournée par une Eglise reformée vers la croisade, puis limitée par la paix du roi, dont le pouvoir se réveille. (voir articles précédents pour plus de détails).
• Dès sa fondation, le Saint Empire impose son autorité à la papauté. En 962, Otton Ier contrôle la désignation du pape et exige de lui un serment de fidélité. Ses successeurs reprennent cette politique et Otton III place sur le trône de saint Pierre son ancien précepteur Sylvestre II. Les choix impériaux ne sont pas forcément mauvais, mais ils soumettent la papauté à l'Empire (césaropapisme, souvenez vous). L'empereur Henri III, surnommé le "faiseur de papes" est ainsi amené à déposer trois papes rivaux avant de désigner Léon IX en 1048.• La situation des évêques et des abbés n'est guère plus florissante. Dans l'Empire, les évêques excercent aussi des fonctions comtales, ce sont des comtes-évêques. Les souverains les nomment et les investissent par la crosse et l'anneau, symbole de leur dignité. L'investiture laïque est aussi une pratique courante en Angleterre. Avec la conquête normande, le roi réserve les collations de bénéfices majeurs, nommant essentiellement des prélats normands et soumettant l'Eglise à la couronne. En France, les premiers Capétiens vendent les sièges épiscopaux et abbatiaux à leurs fidèles pour asseoir leur influence et accroitre leurs revenus.
• A échelon inférieur, l'essor de la féodalité se fait aux dépens du clergé. Les seigneurs désignent les curés des églises dont ils sont patrons, leur imposent un serment de fidélité et récupèrent une partie des revenus de la paroisse. Les desservants sont plus recrutés pour leur soumission au seigneur que pour leur vertu religieuse.
II. Une crise morale
• L'intégration des religieux dans la société féodale et l'attribution aux évêques de fonctions politiques, judiciaires, voire militaires, dénaturent le caractère religieux des dignités ecclésiastiques. Le contrôle de l'Eglise par les laïcs et la confusion entre les fonctions spirituelles et temporelles sont à l'origine d'une crise morale du clergé tout entier.
• La plupart des charges ecclésiastiques sont vendues par les souverains ou les seigneurs. Leurs titulaires, qui ont payé pour accéder à leur fonction, doivent récupérer leur argent en vendant les ordres et les sacrements dépendant d'eux. Cette pratique, appelée simonie, se généralise dans l'Occident chrétien. Elle est pourtant dénoncée plusieurs fois par les papes, évêques et conciles (Mayence en 888, Pavie en 9997, Poitiers en 1000, Bourges en 1031...). La réitération des condamnations montre que celles-ci étaient sans grand effet.

• L'Eglise connait un autre problème fondamental: le nicolaïsme. En effet, en Allemagne, en Italie et en France principalement, les prêtres vivent couramment avec une épouse ou une concubine, en dépit de l'interdiction du mariage et de l'obligation de continence imposées aux clercs ayant reçu les ordres majeurs. En conséquence, certains charges ecclésiastiques se transmettent parfois de père en fils, des évêques désignant leur fils comme successeur à leur mort. Toutes les sanctions, amendes et dépositions restent vaines. L'Eglise atteint un niveau d'abaissement général sans précédent.
III. L'influence de l'Eglise sur la société féodale
• Malgré sa soumission aux laïcs, l'Eglise maintient tant bien que mal son idéal. Elle l'adapte à une société féodale qu'elle parvient alors à influencer. En punissant les parjures, l'Eglise s'impose comme garante des serments dans un monde fondé sur la foi jurée. Elle renforce le prestige des souverains par le sacre et leur fait promettre de défendre la justice, la paix et les plus faibles. Elle donne enfin un idéal religieux à la chevalerie.• Face aux violences féodales (homicides, vengeances, pillages, guerres privées) l'Eglise lance les mouvements de paix. La paix de Dieu nait à la fin du Xe siècle (concile de Charroux près de Poitiers en 989) et se développe durant le siècle suivant. Elle engage les chevaliers et les seigneurs à respecter les religieux et les églises, les pauvres, les pèlerins, les marchands et les veuves. Les contrevenants sont excommuniés. L'Eglise pallie ainsi l'effondrement des pouvoirs royaux.
• La trêve de Dieu, initiée par la réforme clunisienne, exige l'arrêt des hostilités pendant les temps liturgiques les plus importants (Avent, Carême, fêtes religieuses). Né dans le sud de la France (concile d'Arles en 1041) le mouvement s'étend à l'Occident tout entier à partir de la fin du XIe siècle. La violence féodale est alors détournée par une Eglise reformée vers la croisade, puis limitée par la paix du roi, dont le pouvoir se réveille. (voir articles précédents pour plus de détails).
Melwine



Otton III

Le Regnum
Edouard Ier d'Angleterre




II.Les relation féodo-vassaliques


I] La tombe de Pierre

